Mea culpa !

Et oui, j’aurais mis ma main à couper que les livres et la série sur The Witcher avaient été adaptés du jeu vidéo. Que nenni ! Comme quelques uns d’entre-vous me l’ont fait remarquer sur Facebook les livres ont précédé le jeu vidéo. Comme quoi, dans la vie, on n'est jamais sûr de rien !

Je vous présente donc mes excuses pour cette confusion.

J’ai cependant laissé mon article tel quel, car il me semble que le propos portant sur les difficultés de l’adaptation d’un jeu vidéo vers une autre forme narrative reste pertinent, même s’il ne s’applique pas à ce cas, ou du moins, pas complètement.

Et puis, que cette série soit inspirée par les livres ou les jeux vidéos ne change en rien mon avis sur elle. 

 

I

l y a encore peu de temps, c’était les films, ou les bandes dessinées, à succès qui étaient adaptés en jeu vidéo. Aujourd’hui, on assiste aussi de plus souvent au phénomène inverse. Dernier en date : The Witcher.

 

Un exercice toujours délicat

La principale difficulté quand on entreprend cette démarche est de raconter une histoire dans laquelle les joueurs doivent reconnaître l’univers et le personnage qu’ils incarnaient, tout en s’assurant que, comme dans toute bonne histoire, celui-ci évolue, se transforme.

Évidemment, à ce jeu, le risque de faire des déçus et des mécontents est bien plus grand que lorsque l’on entreprend la démarche inverse (d’un film ou d’une bande dessinée vers un jeu vidéo).

Il faut donc faire preuve d’imagination et trouver une singularité qui justifie le passage à la série.

Dans le cas de The Witcher, le pari fait par la showrunner de la série, Lauren Schmidt Hissrich —à qui on doit également The Umbrella Academy (voir ici pour la chronique)—, et très audacieux, puisqu’il consiste à impliquer le spectateur dans la narration... en le faisant réfléchir !

À l’heure des films pop-corn, on comprend à quel point c’est périlleux.

 

Une narration subtile

Il est commun, dans les histoires, de suivre plusieurs intrigues distinctes qui finissent par se rejoindre et n’en former qu’une.

The Witcher ne fait pas exception à cette règle, mais le fait de manière originale, puis qu’ici on suit 2 époques distinctes (le passé et le présent, jusqu’à ce que le premier rattrape le second, à la fin de la saison).

La subtilité réside dans le fait que rien n’indique cela au spectateur au début. Pas de voix off, pas de narrateur, rien. Nada.

On sent bien quelque chose d’étrange, durant les 3 premiers épisodes, comme un flottement. Tout prend forme à l’épisode 4 qui, à première vue, se déroule dans le plus grand chaos temporel. On s’interroge alors : cette série n’aurait-elle ni queue ni tête ? Ou alors... Et c’est à ce moment là que le concept même de la narration éclôt sous nos yeux.

On prend plaisir à constater dans les épisodes suivant que tout s’emboîte parfaitement, comme quand on voit le bout d’un puzzle compliqué.

 

 

L’Alpha et l’Oméga

Ceux qui me lisent savent l’attention toute particulière que je porte au dénouement : la fin est l’un des 2 moments cruciaux d’une histoire. Le plus délicat, celui qui est le plus souvent raté.

L’autre ? C’est le commencement, l’accroche. Il est bien plus facile à réussir : un bon temps fort, une belle réalisation et hop, on se retrouve embarqué dans une nouvelle histoire.

Et bien là, pour une fois, c’est l’inverse. Si le dénouement de cette saison est très bon, le commencement est... désastreux.

La première séquence sent le carton pâte, la réa est médiocre, l’étalonnage inconstant et les décors d’une pauvreté à faire passer Cosette pour la fille de Bernard Arnaud.

Et ça dure les trois-quarts du premier épisode.

C’est d’autant plus préjudiciable à la série que tous ces défauts disparaissent dès le deuxième.

 

En conclusion

The Witcher était une série très attendue, dans laquelle beaucoup ont projeté leur vision avant même sa sortie.

Si, en revanche, en fait fi de cela, The Witcher est une très bonne surprise et une série que l’on prend plaisir à suivre.

Alors, ne vous fiez pas aux critiques assassines : prenez le temps de la regarder et de vous faire votre propre avis.

Je ne pense pas que vous serez déçu.

 

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The Witcher une série originale Netflix 

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