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n bon ami (sur les conseils avisés d’un autre) m’a offert l’intégrale de Shangri-La, une BD de science-fiction, sélectionné à Angoulême en 2017, à côté de laquelle j’étais inexplicablement passé à côté.

Je découvre alors les 265 planches d’une histoire que j’ai dévorée !

 

Le beurre, l’argent du beurre, la vache et... presque la laitière.

Je fais parti de ceux qui aiment la science-fiction, car, quand elle est bien faite, elle offre à la fois un univers dépaysant, tout en traitant de thématiques sérieuses et actuelles, sans pour autant se transformer en un lourd pamphlet.

C’est, à mon sens, le seul genre (avec l’heroic fantasy) capable d’allier aussi bien intelligence, profondeur du sujet et de l’univers, et divertissement (bien sûr il existe en toute chose des exceptions : que ce soit des histoires de SF ou d’héroic fantastique complètement nulles ou des histoires contemporaines réussissant le même tour de force que les meilleures de ces genres).

Shangri-la est une de ces histoires.

De très beaux dessins, un sujet ambitieux, une narration qui nous emporte en orbite autour de la Terre, sans compter une ou deux ironies dramatiques dont on se délecte : la lecture de cet album est un pur bonheur.

 

Un sans faute ?

Presque.

Shangri-La frôle la perfection, mais la loupe, essentiellement à cause de 3 petites faiblesses :

1. Mathieu Bablet a du mal à dessiner les nez. Je ne lui jetterai pas la pierre, vu que je dessine comme un pied, mais tous ses nez de face sont loupés. C’est un détail, mais au fil des pages, il se voit comme le nez au milieu de la figure.

2. Certains dialogues sont d’une évidence pesante, pour ne pas dire lourde. Ce n’est pas qu’on sent qu’ils expriment le point de vue de l’auteur, c’est qu’ils l’expriment sans ambages, comme lors d’un meeting politique. Ça arrive juste quelque fois sur l’ensemble de l’intégrale, mais ça fait toujours le même effet négatif en nous faisant un peu sortir de l’histoire.

3. Ceux qui me lisent régulièrement savent à quel point le dénouement peu changer radicalement la perception que l’on a d’une histoire. Ici, si le dénouement est vraiment bon, s’en suit un épilogue plus opaque. Pas complètement sybillin, mais pas clair non plus. Un épilogue entre 2 eaux qui vient diminuer une très bonne fin, en plongeant le lecteur dans une série de questions qui n’ont pas lieu d’être.

 

En conclusion

Je tiens à le répéter haut et fort : les 3 points que j’ai relevés ci-dessus ne rendent pas cet album mauvais, loin de là ! Ils en diminuent toutefois sa puissance narrative.

Ça se traduit par un petit point de moins sur ma note définitive.

  

 

 


Shangri-La, L'intégrale - édité par Ankama - Scénario et dessins : Mathieu Bablet

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