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resenté (encore) comme un documentaire événement sur Netflix, la saison 1, produite par Ron Howard, s’intéresse à une disparition mystérieuse dans un hôtel à la réputation sulfureuse.

 

Un hôtel très inspirant

Au centre de Los Angeles, juste à côté de Skid Row (l’un des quartiers les plus pauvres et malfamé au monde), le Cecil Hotel mélange les genres : un hall grandiose digne d’un palace et des chambres miteuses pour une clientèle souvent désœuvrée ou de passage.

Il a abrité au moins 2 tueurs en série (dont le tristement célèbre Richard Ramirez) et a collectionné les suicides, overdose et autres assassinats.

Souvent taxé de démoniaque, on ne s’étonnera pas qu’il devienne le sujet principal de la 5e saison d’American Horror Story.

Annoncé comme cela, sûr qu’il y a un sujet. Reste à définir lequel.

 

Le cas Élisa Lam

Cette première saison, de 4 épisodes d’un peu moins d’une heure chaque, se focalise sur une disparition mystérieuse : celle d’Élisa Lam, une jeune canadienne de 21 ans de passage à L.A.

Il faut reconnaître le soin extrême apporté aux images : les plans sont de toute beauté, même lorsqu’il s’agit des interviews. Si cela était déjà l’un des points forts de Derrière nos écrans de fumée (voir sa chronique ici), force est de constater que le soin accordé à l’image est encore plus important ici ! Un excellent point qui confirme la tendance actuelle d’augmenter le niveau visuel des documentaires.

La narration mise en place est aussi, reconnaissons-le, addictive : malgré quelques longueurs et son aspect un peu fouillis (le documentaire évoque des pistes pendant 10 minutes, qu’il abandonne aussitôt sans crier gare), on enchaine les épisodes jusqu’au dernier.

 

Et là, c’est le drame.

Une image léchée, une narration soignée, que demander de plus ?

L’honnêteté et le respect, qu’un spectateur de documentaire est en droit d’attendre.

On s’étonne d’abord de voir que le quatrième et dernier épisode commence en reprenant les plans du premier qui présentaient le cas de cette jeune femme. Puis, on comprend.

On comprend que durant 3 heures, on s’est fait balader, que nous avons été littéralement pris pour des cons (désolé de la grossièreté et trivialité du terme, mais c’est, hélas, celui qui traduit le plus justement le ressenti que l’on éprouve lors de ce dernier épisode).

Cet épisode nous explique que les 3 heures qui précèdent sont juste à jeter, que les auteurs ont juste tenus sous silence des éléments importants qui réduisent à néant les 3 films précédents, que par moment, juste pour le fun, ils ont sciemment entretenu des erreurs pour maintenir notre intérêt, qu’ils ont volontairement transformé un drame en un storytelling vaseux.

Chouette, non ?

 

En conclusion.

En fait, non. Pas du tout chouette.

Scandaleux serait plus le terme.

Le documentaire, honnête, authentique, vrai, se résume au quatrième épisode. Les trois précédents sont complètement inutiles et malhonnêtes. Même le titre de la série ressemble alors à une mauvaise blague.

La honte du documentaire.

Et je suis gentil.

 

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Scène de crime - Saison 1 : La disparue du Cecil Hotel , est disponible sur Netflix

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