A

près l’excellente surprise qu’a constituée L’affaire Haartmenger (pour en voir la chronique, c'est par ici), j’ai voulu poursuivre sur ma lancée et me suis attaqué un autre roman de SF Made in France qui se trouvait dans ma PAL : Pyramides, de Romain Benassaya.

Une bonne surprise de plus ?

 

Un turn over super efficace !

Dès les premiers chapitres, on comprend que l’on va être accro !

Le style de Romain Benassaya, associé à sa maîtrise du Turn over, fait que, très vite, le livre semble greffé à votre main.

On se trouve dans un roman de SF conjuguant voyage intersidéral et exploration, le tout porté par un fort mystère. Ce mystère, dont bien entendu je ne dirai mot, est au centre de l’intrigue et la source même de ses principaux rebondissements.

Au fil des pages, il s’épaissit, enfle et on attend son dénouement avec une impatience croissante que les 600 pages du roman attisent délicieusement.

Un très bon point et, à ce stade là, je me dis que je tiens de nouveau du lourd.

 

Des personnages attachants mais prévisibles.

Au fur et à mesure de la lecture, les choix des personnages deviennent de plus en plus prévisibles, comme dans certains shows américains où l’on sait d’avance que tous les personnages endosseront à tour de rôle toutes les fonctions narratives. Les bienfaits supposés de la technique sont de produire de nombreux rebondissements et d’allonger l’histoire.

Toutefois, cette technique est tellement éculée qu’elle ne fonctionne plus depuis maintenant longtemps.

En définitive, elle est même contre-productive par rapport à l’excellence maitrise du Turn Over dont fait preuve Romain Benassaya dans ce récit.

Dommage, mais bon, le plaisir de lire est encore là.

 

Et là, c’est le drame.

Le véritable problème du livre arrive à la fin, car quand on lit, justement, le mot FIN, il est clair que ça ne l’est pas.

En réalité, en refusant de répondre au grand mystère qui sous-tend toute l’intrigue, Romain Benassaya gâche 600 pages d’une belle histoire par une pirouette déplorable qui ramène le tout au niveau d’une simple nouvelle !

Un exploit dont on se serait bien passé et qui donne même envie de jeter le livre par la fenêtre. La seule chose qui m'ait empêché de le faire et que j’ai lu la version numérique et que je tiens à ma tablette...

 

En conclusion

La frustration est énorme et profondément déplaisante ! Après m’avoir transporté durant 600 pages, Romain Benassaya détruit son récit en le réduisant à une (très longue) historiette : on n’est pas loin de « ce n’était qu’un rêve », c’est dire comme le dénouement est puérile et bâclé !

La seule chose qui sauverait ce roman et me réconcilierait avec l’auteur est une suite. La fin en queue de poisson deviendrait alors l’ultime Turn Over du premier tome.

Bien sûr, cette fois, il faudrait veiller à clôturer réellement l’histoire, pour éviter de décevoir fortement encore les lecteurs.

Mais comme malheureusement un tome 2 n’est pas prévu, je vous conseille vivement d’éviter ce titre, sauf à avoir un penchant masochiste assumé.

J'aurai pu mettre 6/10, en mémoire des bons moments qu'offre le récit, mais en revoyant la couverture, je me suis rendu compte de l'ampleur du mensonge construit pour vendre ce roman : ne vous y fiez surtout pas, elle n'a rien à voir avec l'univers présenté. Elle en est même aux antipodes.

In fine, ce qui aurait pu être un véritable petit bijou finit comme une escroquerie littéraire. Un carnage.

 

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Pyramides de Romain  Benassaya , est édité par Critic.

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